Estimé à partir de 200 000 €, le « Petit Ours » de François-Xavier Lalanne a été adjugé 500 000 € au marteau, soit 625 000 € frais compris, samedi 24 octobre à Puilboreau. Un record pour la maison de ventes rochelaise.
Dans la salle de la Villa Rosa, à Puilboreau, il était environ 17 h 30 quand le « Petit Ours » de François-Xavier Lalanne (1927-2008) est passé sous le marteau de Maitre Constance Bouyer. Une vingtaine de minutes d’enchères plus tard, le bronze à patine brune était adjugé 500 000 € hors frais, 625 000 € frais inclus. Soit plus du double de son estimation basse de 200 000 €.
« Nous sommes très contents », réagit la commissaire-priseur d’Artemis Enchères. Pour la maison rochelaise, c’est un record. « Et on espère que ce ne sera pas le seul ! « , ajoute-t-elle.

Huit enchérisseurs au téléphone, quatre pays
La maison d’enchères rochelaise prévoyait un intérêt qui “dépasserait les frontières”. Il s’est vérifié : huit enchérisseurs étaient au téléphone, depuis les États-Unis, l’Angleterre, Hong Kong et la France. Une cinquantaine de personnes avaient aussi pris place dans la salle. Au final, l’ours reste en France : l’acheteur est français.

Des surprises dans tout le catalogue
L’ours n’a pas été le seul à dépasser les attentes, d’après Me Bouyer :
- La Rivière enchantée, de René Héron de Villefosse, illustrée par Foujita : 26 000 € hors frais, pour une estimation de 10 000 à 15 000 €
- un tableau de Louis Welden Hawkins : 4 000 €, pour 1 000 à 1 500 € attendus
- un dessin de l’entourage de François-André Vincent (XVIIIe siècle), estimé 600 € : 2 800 €
- une pendule « à la laitière », d’après un modèle de Claude Galle : 2 550 €
- le collier des joailliers dijonnais Doret & Blas : 3 800 €, à un acheteur local
L’argenterie bourguignonne du XVIIIe siècle a elle aussi largement dépassé ses estimations, et les étains du XVIIIe siècle ont séduit les collectionneurs.
Dans la salle, beaucoup découvraient les enchères
Dans la salle, une cinquantaine de personnes, dont beaucoup de curieux. Pour certains, c’était une première. C’est le cas d’un groupe d’amis trentenaires, venus voir l’ours et “ voir Constance en enchères”. L’un d’eux l’avoue : “Ça peut paraître impressionnant.” On se demande si lever la main suffit pour engager une enchère.
Un lot les a marqués : un stylo Mont-Blanc, parti à 190 €. “ On peut perdre la notion de l’argent quand on est dans un endroit comme ça. On a la notion du prix d’un verre, mais là, 190 € pour un stylo, on se dit que c’est beaucoup“. Puis d’ajouter que c’était une belle prise après avoir vérifié sur internet la valeur d’un tel objet. Ils y ont aussi vu une occasion pour d’autres sessions d’enchères : un lot de vin, par exemple, pourrait se partager à plusieurs. Ils ont également noté que les meubles anciens ne valent plus grand-chose face aux objets, certains partant autour de 130 €.

Autre découverte : une adolescente de 14 ans, venue avec ses grands-parents pour sa première vente. “C’était un peu long, il y a beaucoup d’objets, mais c’était assez amusant de voir les prix monter assez vite.” Elle aurait été tentée de lever la main pour les lots les moins chers, aussi bien “par enthousiasme” que par curiosité. Ses grands-parents, qui ont déjà assisté à des ventes, espéraient décrocher une nature morte, sans succès.
637 000 € au total
La vente, qui a duré jusqu’à 20 h 15, s’achève sur un montant de 637 000 € hors frais. Au total, 391 des 423 lots ont trouvé preneur, soit plus de neuf sur dix.
Pour découvrir les prochaines ventes d’Artemis Enchères : https://artemisencheres.fr/


