Creagum est une entreprise de recyclage de chewing-gum à La Rochelle. Elle a été créée par Marine Guilbaud, en parallèle de ses études à l’université de La Rochelle. Aujourd’hui diplômée d’un Master en Gestion de l’Environnement et Écologie littorale, elle espère développer sa société dans un futur proche.

Marine Guilbaud, fondatrice de Creagum
Marine Guilbaud a créé l’entreprise Creagum en parallèle de ses études à l’université de La Rochelle.
Photo remise par Marine Guilbaud

Établissements scolaires, commerces, entreprises et bientôt collectivités, les poubelles de chez Creagum se retrouvent dans plusieurs lieux. Elles sont uniquement réservées aux chewing-gums, et collectées quelques fois par an. « C’est le plus simple, on attend d’avoir quelques kilos« , explique Marine Guilbaud. Si ce n’est pas par le biais de ces poubelles, Marine Guilbaud récupère les chewing-gums périmés invendus dans les commerces.

« Comme sur Vinted »

Et une fois que ce poids est atteint, c’est tout simple. « On reçoit un mail de l’établissement, par exemple et on lui envoie un bon de livraison. Ensuite, il met le contenu dans un carton et nous l’envoie. C’est comme sur Vinted« , poursuit la fondatrice de la société. C’est en tout cas comme ça qu’elle fonctionne avec les établissements comme l’université de La Rochelle, là où est né le projet.

« En parallèle de ma licence en biologie marine, j’ai fait le cursus Master Ingénierie. On travaille sur l’entrepreneuriat, on réfléchit à un projet« . Elle avait pour idée de travailler sur le recyclage. « J’ai regardé ce dont on ne parlait pas« , se souvient-elle.

« C’est énorme et on n’en parle pas »

C’est comme ça qu’elle s’est rendue compte que le chewing-gum était « le deuxième déchet urbain le plus répandu« . En continuant ses recherches, elle a appris qu’il est « composé de plastique qui met 25 ans à se dégrader dans l’océan« . Elle s’est alors dit : « C’est énorme et on n’en parle pas« .

Pour réfléchir à un procédé innovant, elle a rencontré Plaxtil, entreprise spécialisée dans le recyclage de masques chirurgicaux. C’était logique pour elle de se tourner vers eux. « Ils avaient déjà une expertise dans les déchets un peu originaux« .

Ensemble, dans un centre de recyclage basé à Chatellerault (Vienne), ils créent des nouveaux objets. Les chewing-gums passent d’abord dans une extrudeuse. Puis, la matière obtenue est renforcée avec le plastique des masques pour plus de résistance. Ce sont d’ailleurs les masques qui donnent la couleur bleue verte des objets.

Les jeux de plage créés par l’entreprise Creagum. Photo remise par Marine Guilbaud

À la vente dès 2026

Un design unique de goodies et de jeux de plages en forme de tortue luth, qui seront disponibles sur le site dès janvier prochain. « La tortue luth n’existait pas en jeu de plage, c’est souvent des tortues terrestres« . Pourtant, « c’est l’emblème des océans, je voulais raconter cette histoire« , explique Marine Guilbaud.

La tortue, c’est également pour Marine Guilbaud, « un premier objet qui fait sens« . De part sa signification, d’abord, mais aussi de part sa fonction. « En tant qu’emblème des océans, ça fait du sens de créer un jeu de plage« .

« On ne peut pas demander un geste écoresponsable sans comprendre »

Marine Guilbaud considère cependant qu' »on ne peut pas demander un geste écoresponsable sans comprendre« . C’est la raison pour laquelle elle consacre une grande partie de son activité à la sensibilisation. Elle organise donc des ateliers sur les océans, « pour mieux connaître cet écosystème« .

Les formes que laissent les jeux de plage sur le sable. Photo remise par Marine Guilbaud

Un manque de sensibilisation

« On est plus apte à le préserver si on le connaît mieux« . Elle se déplace donc dans les entreprises, à leur demande, pour présenter ses ateliers. « Je me déplace pas mal, en Bretagne, à Paris ou ailleurs. Il faut se rendre compte qu’on a un impact sur les océans même si on en est loin« .

Elle remarque qu’il y a un manque de sensibilisation et est heureuse de leur apporter. « Tout le monde n’est pas assez sensibilisé, ils ne connaissent pas l’écosystème mais les choix qui sont faits à l’intérieur d’une entreprise peuvent avoir un impact dessus« .

D’abord sous le statut de micro-entreprise, Creagum a évolué. Jusqu’à devenir une société. « C’est plus simple d’avoir une société aujourd’hui, car je lance la commercialisation. J’aimerais me développer à l’échelle du territoire et plus seulement à celle de La Rochelle« , témoigne Marine Guilbaud.

Elle ajoute qu’elle aimerait aussi recruter. « J’essaye de mettre en place un réseau d’animateurs qui ont le même diplôme que moi, qui viennent de différentes régions« , pour ses ateliers de sensibilisation. Un projet qui devrait voir le jour courant 2026.

Mutualiser les collectes

Elle est aussi en train de mettre en place un partenariat avec une autre entreprise de collecte : Degomme. Avoir un réseau de collecte permettrait de « limiter l’empreinte carbone« . Le but est de « proposer un service deux en un en mutualisant les collectes« . L’entreprise nettoie les sols, en partie les chewing-gums, que Creagum pourrait récupérer, pour mutualiser également le service.