Malgré la baisse saisonnière de consommation, l’absence de pluies significatives en septembre et des prévisions défavorables appellent à une vigilance maximale, indique un communiqué de la préfecture de la Charente-Maritime.

Réuni ce jeudi 17 septembre 2026, le 5e Comité de Suivi Opérationnel de l’Étiage de Charente-Maritime (CSOE) a dressé un bilan complet de l’état de la ressource en eau. À l’issue des analyses de la météo, de l’Office Français de la Biodiversité (OFB), de l’ARS, des opérateurs et des services techniques, le préfet a décidé de maintenir le niveau « Alerte renforcée » pour l’ensemble des prélèvements liés au réseau d’eau potable.

bilan pluviométrique critique

Alors que le mois de septembre marque habituellement le début d’une transition vers la fin de la période d’étiage, « le bilan pluviométrique est particulièrement critique », indique la préfecture ce vendredi 18 septembre. « Les quelques orages de la fin du mois d’août et du début septembre n’ont aucunement suffi à inverser la tendance. Avec un cumul moyen de seulement 2,6 mm de pluie contre une normale de 66 mm, le département enregistre un déficit pluviométrique moyen de 96 % sur ce mois de septembre. »

Par ailleurs, l’indice d’humidité des sols est redescendu à des niveaux historiquement bas depuis le 9 septembre. Les prévisions météorologiques pour les jours et semaines à venir n’annoncent pas de précipitations significatives et font craindre une prolongation de ces conditions chaudes et sèches.

Cours d’eau en détresse

« Les indicateurs hydrographiques et environnementaux demeurent au rouge« . Les cours d’eau sont en détresse : la campagne du 15 septembre révèle que 61 % du linéaire de cours d’eau suivi (soit plus de 938 km) se trouve en situation d’assec ou de rupture d’écoulement. Une situation équivalente aux records historiques observés en 2022.

Les réserves des barrages sont aussi inquiétantes : le taux de remplissage des barrages de Lavaud et Mas-Chaban s’établit à 29,3 %. Sans pluies d’ici la mi-octobre, la tension sur les réserves des barrages sera extrêmement importante.

Le débit de la Charente, quant à lui, se stabilise très légèrement au-dessus du seuil de crise. Bien que le fonctionnement des usines de production d’eau potable (notamment Coulonge et Lucien Grand) soit maîtrisé, l’absence de précipitations empêche tout réamorçage de la recharge des nappes souterraines.

Les prévisions météorologiques pour les jours et semaines à venir n’annoncent pas de précipitations significatives et font craindre une prolongation de ces conditions chaudes et sèches. Illustration LRI

« Les six prochaines semaines s’annoncent déterminantes« 

« Si l’on enregistre une baisse logique des consommations d’eau potable par rapport au cœur de l’été, liée au départ d’une partie des estivants, l’arrière-saison touristique et la douceur encore forte du climat appellent à maintenir un niveau de prudence élevé« , poursuit la préfecture. « Les six prochaines semaines s’annoncent déterminantes : si la pluie ne fait pas son retour rapidement, des impacts économiques et environnementaux importants sont à craindre. Aucun relâchement dans les mesures de vigilance et d’économie ne peut être permis. »

Les contrôles se poursuivent

La préfecture appelle les particuliers, collectivités, exploitants agricoles et acteurs économiques à continuer de respecter scrupuleusement les restrictions en vigueur. Et rappelle que les « services de l’État (OFB, DDTM, gendarmerie nationale, DREAL) restent totalement mobilisés et poursuivent leurs contrôles sur l’ensemble du territoire départemental. À ce jour, près de 380 contrôles ont été menés sur l’ensemble des usages (particuliers, agriculteurs, campings, golfs, stations de lavage), confirmant une bonne appropriation globale des consignes, tout en sanctionnant les manquements constatés. »