Samedi 4 juillet, 200 personnes se sont rassemblées devant le palais de justice de La Rochelle avant de défiler jusqu’à l’Hôtel de Ville. Répondant à un appel national, les participantes et participants demandaient l’adoption d’une loi intégrale contre les violences sexuelles et sexistes, un texte porté par une coalition transpartisane et de nombreuses associations féministes.
Cette mobilisation, la cinquième organisée en un mois par le collectif féministe et citoyen rochelais, s’inscrit dans un mouvement national visant à obtenir des mesures ambitieuses en matière de prévention, de protection des victimes, de justice et de lutte contre la récidive.

« Une loi intégrale est nécessaire »
Parmi les participants à ce rassemblement, Marie Nedellec, conseillère départementale d’opposition en Charente-Maritime, a rappelé l’importance d’un engagement politique fort.

« Je suis là aujourd’hui en tant que maman, en tant que femme mais aussi en tant qu’élue. […] La loi intégrale, elle est nécessaire. Elle est nécessaire aussi pour qu’elle découle sur l’ensemble des politiques publiques. Mais elle est nécessaire uniquement si on y met aussi les moyens. »
La proposition de loi prévoit une approche globale des violences, intégrant la prévention, l’éducation, la formation des professionnels, l’accompagnement des victimes, l’amélioration du parcours judiciaire ainsi que des actions pour prévenir la récidive. Selon les associations, plusieurs milliards d’euros seraient nécessaires pour permettre son application effective.
« Les violences concernent toutes les dimensions de la vie sociale »
Militante féministe, Sophie Burlier a dénoncé le manque de réponses apportées aux violences faites aux femmes et aux enfants.
« Le problème, on le connaît […], ceux qui agressent, violent, harcèlent les femmes et les enfants sont presque toujours et exclusivement des hommes adultes. […] Ce sont donc les rapports sociaux qu’il faut changer. »
Elle a également insisté sur le caractère transversal de la future loi.
« Imposer une loi intégrale, c’est imposer l’idée que les violences contre les femmes et les enfants concernent toutes les dimensions de la vie sociale. […] Pour agir dans tous les domaines, il faut de l’argent pour éduquer, pour former, pour écouter, pour soigner, pour accueillir, pour arrêter et juger tant que c’est nécessaire. Alors trois milliards et une loi intégrale pour mettre à bas l’ordre patriarcal. »

Lors d’une seconde intervention, Sophie Burlier a rappelé que le texte initial comporte près de 140 articles, élaborés par une coalition rassemblant de nombreuses organisations.
« On espère bien que ce seront ces 140 articles et pas une version édulcorée. […] On sait que ça marche, parce que les Espagnols l’ont fait. »
Elle a également évoqué l’idée d’une mobilisation encore plus large autour de la Journée internationale des droits des femmes, en rappelant que des appels à la grève féministe existent déjà dans plusieurs pays.
Une mobilisation venue de plusieurs villes
Parmi les manifestantes, une participante venue de Poitiers, présente à La Rochelle à l’occasion du Festival du film, a souhaité apporter son soutien.
« C’est important pour nous. À Poitiers, c’était ce matin. C’est super que ça se fasse aussi partout en France. Il faut manifester, crier ce qu’on a envie de dire pour la loi intégrale. »
Elle explique participer régulièrement aux rassemblements organisés devant le palais de justice de Poitiers.
L’exemple espagnol régulièrement cité
Ancien éducateur à la Protection judiciaire de la jeunesse, un manifestant a partagé son expérience auprès de femmes victimes de violences.
« J’ai eu l’occasion d’avoir des téléphones grand danger à des femmes qui étaient en grand danger. […] Je pense que c’est quelque chose qu’il faudrait développer beaucoup plus. Mais la loi espagnole est quand même bien faite et il faudrait que ça se passe ici. »
Tout au long du cortège, les slogans ont réclamé davantage de moyens pour lutter contre les violences sexuelles et sexistes ainsi que l’adoption d’une loi jugée plus ambitieuse que les dispositifs actuels. La proposition de loi devrait être examinée au Parlement dans les prochains mois, même si les associations craignent qu’elle soit présentée dans une version moins complète que celle initialement portée.

