Candidat de Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs, Antoine Colin se lance dans la bataille des municipales à La Rochelle. Déjà engagé lors des législatives de 2024, il entend faire de cette campagne un porte-voix des salariés, des précaires et des habitants confrontés à la crise du logement et à la vie chère.

Le militant poursuit son engagement local avec une ambition claire : défendre « le camp des travailleurs » au sein du conseil municipal. Face à la flambée des loyers, à la précarité de l’emploi et aux inégalités d’accès au logement ou à la culture, il affirme vouloir utiliser la tribune municipale pour relayer les luttes sociales et soutenir celles et ceux qui, selon lui, restent trop souvent invisibilisés dans le débat public rochelais. Il souhaite « mettre sur le devant de la scène ceux que l’on entend peu ou pas. Ceux que l’on voit peu ou pas. Qui ne sont pas des professionnels de la politique mais des travailleuses et des travailleurs en activité, au chômage ou à la retraite et auxquels nous voulons donner la parole« .
Quelle est votre vision du rôle de maire ?
« Un maire élu sur la liste Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs utiliserait d’abord bien sûr tous les moyens matériels et budgétaires de la mairie dans le sens des intérêts des travailleurs. Des conseillers municipaux Lutte ouvrière voteraient toutes les mesures qui peuvent favoriser les travailleurs et les plus pauvres et s’opposeraient à celles qui favorisent les plus riches.
Mais les moyens d’une mairie sont limités face à la catastrophe sociale que constituent les suppressions d’emplois, l’envolée des loyers et des prix, qui touchent le monde du travail. C’est par la lutte collective que les travailleurs pourront changer la société. Le rôle d’élus de Lutte ouvrière sera d’être aux côtés des travailleurs qui se battent, pour empêcher l’expulsion d’un locataire, ou d’un voisin immigré par exemple. Ou encore, pour les hausses de salaires ou contre les suppressions d’emploi dans une entreprise de la ville. Un maire ou des conseillers municipaux pourront aider les travailleurs à organiser de tels combats et mettre à leur disposition les moyens de la commune« .
Quelle est la première mesure que vous comptez appliquer en tant qu’élu ?
« Face au fléau que constituent le manque de logements et la cherté des loyers, il faut relancer la construction massive de logements sociaux, de qualité. Cela ferait par ricochet baisser les loyers et les prix immobiliers du secteur privé. Le budget municipal n’y suffisant pas, il faudra mettre à contribution les grosses entreprises de l’agglomération, à qui les logements ouvriers procurent un réservoir de main-d’œuvre. Il faudra se battre pour utiliser leurs profits pour construire des logements, et imposer aux entreprises de construction de les construire à prix coûtant. Cela, seuls les travailleurs mobilisés, appuyés par les élus du camp des travailleurs, pourront l’imposer« .
Quel est votre engagement principal pour ce mandat ?
« Être du côté des travailleurs à chaque occasion. Il ne s’agit pas seulement des interventions et des votes au conseil municipal, où nous ferons entendre le camp des travailleurs, ses revendications en matière de salaire, d’emploi, de santé, d’éducation, et tout ce qui fait la vie quotidienne du monde du travail. Il s’agit aussi des perspectives à défendre, celle d’une société débarrassée du capitalisme qui porte en lui le chômage, les crises, les guerres.
Dans cette perspective, des élus de Lutte ouvrière défendront les valeurs qui unissent les travailleurs et combattront les divisions que sont les idées racistes, xénophobes, nationalistes, et soutiendront toutes les initiatives dans ce sens. Ils s’opposeront également à la propagande militariste dans les écoles et les collèges, que le gouvernement veut transformer en lieu de recrutement pour les armées. Pour préparer la jeunesse à se sacrifier dans des guerres contre d’autres peuples, pour des objectifs qui ne sont pas les leurs. Car les travailleurs de tous pays ont des intérêts communs par-delà les frontières comme l’affirmait Karl Marx. Et seuls des travailleurs unis peuvent affronter et vaincre les puissants intérêts capitalistes qui écrasent aujourd’hui la grande majorité de l’humanité« .
Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous présenter à nouveau ?
« Ma révolte contre une organisation sociale qui offre au monde un avenir de guerres et de famines alors qu’il recèle les possibilités techniques qui permettraient un accès de l’ensemble la population du globe à un logement, une alimentation et une eau saine, et à un système de santé. Et ma conviction, profonde, que seule la classe ouvrière peut user de sa force considérable pour changer ce monde. Ma candidature est la réaffirmation de la confiance que j’ai en elle« .
Comment allez-vous prendre en compte le changement climatique dans vos décisions politiques ?
« S’attaquer aux raisons du changement climatique, c’est s’attaquer au capitalisme qui se moque comme de sa première chemise du changement climatique et de l’environnement. Et ce n’est pas une municipalité, aussi écologiste soit-elle, qui peut en venir à bout. Comme pour tous les maux de notre société, c’est à cette classe sociale parasite, nuisible qu’il faut contester le pouvoir pour mettre fin à ses méfaits, et c’est la perspective que nous défendons.
Nous combattons ceux qui prétendent s’attaquer au changement climatique, à l’émission de gaz à effet de serre, en en rendant responsables les travailleurs qui utilisent leur automobile, et en tirent prétexte pour leur faire payer, cher, le stationnement de leur véhicule. C’est la cherté des loyers qui contraint les travailleurs à habiter à 10, 20 ou 50 kilomètres de leur lieu de travail, et le manque de transports en commun qui les contraint à utiliser leur voiture. C’est toute l’organisation sociale qui favorise l’usage intensif de la voiture et des camions. C’est cette organisation qui est responsable des problèmes que cela engendre, c’est elle qu’il faut remettre en cause« .
Comment comptez-vous soutenir l’attractivité du territoire ?
« Le problème n’est pas de rendre la commune attractive, elle l’est de l’avis de tous. Mais c’est : quelle est la population qui peut en profiter, qu’il s’agisse d’y passer des vacances ou de s’y installer. Pour y vivre, hors logements sociaux, des moyens financiers au moins confortables sont nécessaires, compte tenu des prix très élevés de l’immobilier et des loyers. Un nombre important d’étudiants abandonnent chaque année leur projet d’étudier à La Rochelle faute de logement, ou faute de place dans leur formation, le budget de l’université étant lui-même mis au régime. Rendre la commune accessible à tous passe donc par l’augmentation des salaires et des bourses étudiantes, et les élus de Lutte ouvrière soutiendront moralement et politiquement toutes les luttes de la population dans ce sens, les encourageront et y participeront« .
Selon vous, quelles sont les priorités à gérer à La Rochelle ?
« La précarité de l’emploi, les bas salaires, le logement qui fait défaut dans cette ville où des logements HLM ont été détruits (5 immeubles à Villeneuve-les-Salines). Et où les propriétaires privés préfèrent louer cher à la semaine à des touristes plutôt que d’offrir des logements décents aux loyers accessibles aux habitants de la ville« .
Quelles actions envisagez-vous pour rendre les quartiers plus vivants et renforcer le lien entre habitants ?
« Les liens entre les habitants se renforceront quand ils trouveront le chemin de la lutte. C’est alors qu’ils verront leurs voisins, leurs collègues, français ou immigrés, comme des alliés et non des concurrents. Les militants, et les candidats de la liste Lutte ouvrière – Le camp des travailleurs défendent dès maintenant cette perpective« .
Qu’allez-vous mettre en place pour informer les habitants et les associer aux décisions importantes pour la ville ?
« Si je suis élu, je rendrais compte de mon activité en tant que tel et de mes interventions. Nous défendons par ailleurs l’idée que tous les élus soient révocables par les électeurs, et ainsi placés sous leur contrôle. Mais les véritables décisions importantes ne sont pas du ressort du conseil municipal. Ce seront celles que les habitants imposeront par leurs luttes communes. Pour ne pas être écrasés par une société de plus en plus dure envers ceux-là même qui en produisent toutes les richesses« .
Comment souhaitez-vous soutenir les événements, les associations, la culture et les activités accessibles à tous ?
« La culture n’est plus à la portée de tous. Les Francofolies pratiquent des prix hors de portée de nombre d’habitants. Une entrée à l’aquarium pour un couple avec deux enfants de 3 et 5 ans coûte 62 euros. Les médiathèques des quartiers populaires (Mireuil, La Pallice, Villenve-les-salines) sont entièrement fermées trois jours par semaine et cinq matins. Ce sont des problèmes de budget, et de profits privés quand la culture est confiée à des entreprises privées lucratives comme l’aquarium et les cinémas. Les municipalités voient leur budget se réduire d’année en année car l’État se désengage, réduit ses subventions pour continuer de verser aux plus riches de quoi s’enrichir encore plus.
Ainsi 211 milliards par an sont versés aux plus grosses entreprises du pays pour quel bienfait auprès de la population ? Et plus encore que les questions budgétaires, c’est l’organisation sociale qui rend difficile aux travailleurs l’accès à la culture. Comment assister à un spectacle même gratuit si l’on travaille en horaire d’équipe 5h-13h ou 13h-21h ou 21h-5h ? Alors il faut aussi et surtout défendre la perspective d’une société dans laquelle la population ne sera pas écrasée par le travail et les difficultés à vivre, et aura le temps de s’intéresser à toute la richesse des productions humaines. C’est aussi le sens des idées communistes que porte notre liste« .

