Le Port de Chef de Baie se félicite de son année 2025. Une année riche en poissons, en termes de vente mais aussi de chiffre d’affaires. Les volumes de poissons sont revenus et confirment le rôle clé de l’activité dans l’économie du territoire.

Photo La Rochelle Info – Juliette PAPET
La pêche, c’est l’histoire et l’ADN de La Rochelle« , estime Christophe Bertaud, président du port de pêche de Chef de Baie. Une identité pleinement assumée par une structure qui repose avant tout sur ses acteurs. « Le port de pêche n’est rien sans les pêcheurs et les mareyeurs. Si une partie se porte moins bien, le port de pêche ne se porte pas bien non plus« , souligne-t-il.
L’année 2025 aura été marquée par un contexte particulièrement favorable. « On ne peut pas maîtriser le poisson. Cette année, on a eu de la chance : le merlu et la sole étaient présents dans nos eaux« , constate le président. Une présence qui, conjuguée à leur prix, a permis d’atteindre des niveaux de vente inédits.
Une criée historique
« Le bonheur est dans la criée« , résume Christophe Bertaud en évoquant les chiffres de 2025. Le mois de décembre a été « exceptionnel« , avec plus de 13,5 millions d’euros de ventes de poissons à la criée.
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Un record qui dépasse le précédent, 12,3 millions en 2022.
Un autre record a aussi été franchi : celui de la criée. Le 10 décembre, le port a connu « une criée à plus de 200 000 euros, un chiffre jamais atteint« .
La tendance se confirme sur l’ensemble de l’année. « Le poisson n’a jamais eu une valeur aussi haute. La quantité revient et, comptablement, c’est une bonne année », se félicite le président. Malgré des travaux en cours, l’équilibre financier est au rendez-vous, avec notamment des versements compensatoires des douanes.
« Un combat quotidien »
Derrière ces résultats, il y a surtout un gros travail de fond. « Le port de pêche, c’est un combat au quotidien, notamment au niveau de l’organisation et des changements d’horaires des agents« , insiste Christophe Bertaud, qui tient à « remercier les équipes« .
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Un engagement partagé par la direction. Arrivée à La Rochelle après une expérience à la criée de Granville, Adeline Denizot, directrice du port, rappelle la complexité de l’outil. « C’est un port pluridisciplinaire. Il y a les apports de produits, mais aussi la gestion du bassin, le placement des bateaux, la glace, toute la partie exploitation, la partie locative et les équipements« .

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L’été a mis cette organisation à l’épreuve. Le 1er juillet, jour de la prise de fonction d’Adeline Denizot, deux bateaux ont coulé dans le bassin. « La sécurisation des risques de pollution s’est fait rapidement et le travail avec les ports voisins a permis une grande réactivité, grâce aux actions entreprises depuis plusieurs années« , souligne-t-elle.
Moins de volumes, mais plus de valeur
Christophe Bertaud distingue les deux grandes activités du port. D’abord la criée, où « le chiffre est le plus important, car le prix moyen au kilo ne cesse d’augmenter depuis des années« . En 2025, la criée enregistre « plus de 68 % de progression« , avec notamment « plus 89 % de volume sur la sole« .
Une hausse qui s’explique aussi par un contexte particulier. « Les arrêts cétacés et les plans de flotte ont entraîné moins de volumes, mais des prix en hausse. En 2025, ceux qui étaient soumis à l’arrêt cétacé ont pêché davantage en amont« , explique-t-il.
La seconde activité est celle du port de service, où le poisson est vendu par les pêcheurs pour d’autres criées, renforçant le rôle logistique de Chef de Baie à l’échelle régionale.

Photo La Rochelle Info – Juliette PAPET
Espèces phares et attractivité retrouvée
Pour Fiona Tevesco, responsable commerciale, l’année 2025 confirme une certaine stabilité des espèces. « Le merlu a été en baisse jusqu’à novembre, mais il est vraiment remonté à la fin« , observe-t-elle. À l’inverse, « le maigre a connu une saison exceptionnelle, avec +214 %, de juin à octobre, sur des poissons de 500 grammes à un kilo« .
La sole s’impose comme l’espèce emblématique de l’année. « C’est une année record, avec l’arrivée d’un nouveau bateau fileyeur« , explique-t-elle. Deux fileyeurs en deux ans ont d’ailleurs été immatriculés à La Rochelle, « ce qui n’était pas arrivé depuis des années« , poursuit-elle.
Si la campagne printanière de la sèche s’est révélée « très décevante », la fin d’année a largement compensé. « Fin novembre, on était déjà sur une bonne année, et décembre a tout fait exploser, avec la présence du poisson et des prix qui se sont maintenus« , complète Christophe Bertaud.

