Le plan La Rochelle Territoire Zéro Carbone lancé en 2019 semble porter ses fruits. Entre 2019 et 2024, les émissions de gaz à effet de serre du territoire ont baissé de 15 %. Un résultat « encourageant », selon la Ville de La Rochelle, qui s’inscrit dans un programme plus vaste, visant la neutralité carbone à l’horizon 2040, en mobilisant transports, bâtiments, économie, énergie, nature et citoyens.

En 2019, la Communauté d’agglomération de La Rochelle, la Ville, le Port Atlantique, l’Université et le parc Atlantech lançaient ensemble le programme La Rochelle Territoire Zéro Carbone. L’objectif est clair : devenir un territoire « démonstrateur », capable de montrer concrètement comment lutter contre le réchauffement climatique à l’échelle locale. Le tout avec un but affiché : la neutralité carbone à l’horizon 2024.
Un premier bilan positif
Cinq ans plus tard, un premier bilan a été réalisé à partir des données de l’Agence régionale d’évaluation environnement et climat (AREC). Verdict : –15 % d’émissions globales de CO₂ entre 2019 et 2024. « Ce résultat est conforme à la trajectoire prévue », assure la CDA.
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Pour atteindre cet objectif, la stratégie repose sur trois grands axes.
Le premier consiste à réduire les émissions à la source, notamment dans les secteurs les plus polluants : transports, bâtiments, économie, déchets, numérique et énergie.
Le deuxième vise à renforcer la séquestration du carbone, c’est-à-dire la capacité des milieux naturels à capter le CO₂.
Enfin, le territoire soutient des projets de contribution carbone, via une coopérative dédiée, pour financer des actions locales de réduction ou de stockage du carbone. Pour y arriver, plus de 70 actions concrètes ont été mises en place depuis le lancement du programme.
Transports, le principal chantier
Le transport était dès le départ la priorité. Les déplacements représentent plus d’un tiers des émissions de carbone du territoire.
Les chiffres montrent une évolution notable des pratiques.
La fréquentation des gares de l’agglomération a bondi de 42,4 % entre 2019 et 2024, avec une progression spectaculaire sur certaines communes comme Châtelaillon-Plage ou Aytré.
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Le réseau de bus Yélo a enregistré près de 11 millions de voyages en 2024. Une hausse de 6 % en un an.
La collectivité investit aussi dans la décarbonation des bus : véhicules électriques, hybrides ou au gaz naturel, navettes électriques en centre-ville. Résultat : 4 650 tonnes de CO₂ évitées en cinq ans.
Le vélo progresse également, avec 545 km d’aménagements cyclables sur le territoire, dont plus de 218 km créés depuis 2019.
La sobriété énergétique du bâti
L’agglomération mise aussi sur la rénovation énergétique du secteur du bâtiment. Celui-ci représente environ 20 % des émissions de carbone et 35 % de la consommation d’énergie.
Des bâtiments publics emblématiques ont été réhabilités, comme la médiathèque Michel-Crépeau ou le centre aquatique Palmilud, avec à la clé des économies d’énergie importantes.
Côté habitat, la Plateforme rochelaise de rénovation énergétique a accompagné plus de 8 000 foyers et suivi près de 2 200 rénovations, permettant d’éviter 8 500 tonnes de CO₂ en quatre ans.
Le parc Atlantech à Lagord illustre par ailleurs l’ambition générale de La Rochelle Territoire Zéro Carbone. Premier quartier bas carbone de France, il combine bâtiments à énergie positive, mobilité douce, production locale d’énergie et biodiversité.
Transformer aussi les pratiques économiques
Les activités économiques représentent près d’un quart des émissions. Alors, pour accompagner les entreprises dans leur transition, l’agglomération a lancé des dispositifs de soutien financier. C’est le cas par exemple de l’appel à projets Téro’Invest. Il a aidé 43 entreprises à réduire leur empreinte carbone.
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Le numérique, souvent invisible mais très énergivore, fait aussi l’objet d’actions spécifiques. Allongement de la durée de vie des équipements, matériel reconditionné, sites web sobres, nettoyage annuel des données numériques. Côté déchets, les émissions sont réduites grâce à la modernisation du centre de tri et l’évolution des modes de collecte (bennes électriques, biocarburants, vélos cargo en centre-ville). Entre 2024 et 2025, la quantité d’ordures ménagères collectées a baissé de 6 %.
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La Rochelle mise également sur la nature comme puits de carbone. Les zones humides, les sols agricoles et les milieux littoraux jouent un rôle clé dans l’absorption du CO₂. Des projets de renaturation, comme le marais de Tasdon ou le reméandrage de cours d’eau, visent à restaurer ces capacités naturelles. L’Université de La Rochelle mène par ailleurs des recherches inédites sur le « carbone bleu », stocké par les écosystèmes côtiers, avec un potentiel estimé à près de 100 000 tonnes de CO₂ par an.
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Des effort reconnus
Les efforts du territoire sont reconnus au niveau national. La Communauté d’agglomération a obtenu la 4ᵉ étoile du label Territoire Engagé Transition Écologique de l’Ademe, tandis que la Ville de La Rochelle a décroché le niveau maximal, cinq étoiles.
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« La baisse de 15 % des émissions en cinq ans montre que la dynamique est enclenchée », assure l’agglo. « La réussite du programme repose désormais sur la poursuite des investissements, l’évolution des modes de vie et l’engagement collectif des habitants, des entreprises et des institutions. »
« À La Rochelle, la transition écologique n’est plus seulement un objectif. Elle est devenue un chantier permanent, inscrit dans le quotidien du territoire« , termine la CDA.

