À La Rochelle, Sandra porte haut la danse orientale. Plus qu’une discipline artistique, elle en a fait un refuge, un chemin de reconstruction et un espace de transmission bienveillante. Aujourd’hui, elle prépare son retour sur scène et en atelier, avec une envie : revenir malgré les difficultés.

Sandra fait de la danse orientale depuis 2012.
Sandra se sent aujourd’hui prête à reprendre la danse orientale en tant que professeur. Photo La Rochelle Info – Juliette PAPET

Tout commence en août 2012. Sandra vient d’accoucher de son troisième enfant. Elle cherche une activité artistique, au départ plutôt du flamenco. Elle finit par pousser la porte d’une salle de La Rochelle où se donnent aussi des cours de danse orientale.

« Amoureuse de la musique »

«  Je me suis dit : essayer, ça ne mange pas de pain« , se souvient Sandra. Et le coup de cœur est immédiat. « Je suis tombée amoureuse de la musique avant même de tomber amoureuse de la danse« . Les rythmes, la langue, les sonorités… Tout a éveillé en elle curiosité et un désir de découvrir cet art. Alors, après ce cours d’essai, « je n’ai même pas essayé le flamenco« , plaisante Sandra. La scène devient rapidement sa « deuxième maison« .

Elle se forme à Bordeaux, Nantes, Poitiers, multiplie les stages… jusqu’à ce que son désir de progresser se heurte à un refus catégorique de passer au niveau supérieur. Un choc, mais aussi un tournant pour elle.

« Mon seul moyen de souffler »

« La danse, c’était mon oxygène, mon seul moyen de souffler« , témoigne Sandra. Car à l’époque, elle était victime de violences conjugales. Une expérience difficile qui fait aujourd’hui sa force de caractère. Elle fait de la prévention sur les réseaux sociaux pour alerter et aider les femmes dans le besoin, qui vivent la même chose qu’elle.

Ne voulant donc pas renoncer à son rêve de progresser dans la danse orientale, elle cherche un nouveau professeur. C’est à Nantes qu’elle la trouve, avec une pédagogie qui l’a marquée, et qu’elle met elle-même en place dans ses cours. « Elle estimait que l’élève devait dépasser le maitre« , explique-t-elle.

Sandra Rayya
Sandra est à la fois danseuse et professeure de danse orientale. Photo remise par Sandra Rayya

« La passion est toujours là »

Depuis le Covid, la vie de Sandra a bien changé. Elle a rencontré son nouveau mari, avec qui elle a eu quatre enfants. Cela l’a tenue un peu éloignée de la danse, mais aujourd’hui, elle se sent prête à y retourner à 100%. Ateliers, coaching, projets en ligne, “blabla danse” pour débutantes, et même un cercle de parole pour exprimer peurs et doutes. « Juste être là pour apaiser les angoisses« .

Il lui reste encore à trouver un lieu. Mais l’essentiel est là. « La passion est toujours là. Je veux continuer, mais en prenant soin de moi. Je vais revenir en force« . Elle veut aussi faire autrement que dans les autres écoles.

Pas la même approche

Elle souhaite proposer des cours, des stages, et créer une petite compagnie éphémère où tout le monde est accepté. « Du débutant au professionnel. L’important, c’est de voir ce que son corps peut faire, pas de rentrer dans un moule ».

Une approche tranche avec ce qui se pratique souvent. « Je ne fais pas que des chorégraphies où il faut aller vite. Je pars du ressenti. Je n’utilise pas de miroirs. Les personnes ne viennent pas pour être de « belles danseuses”, elles viennent pour l’estime de soi, la confiance, pour découvrir ou redécouvrir leur féminité« .

Dans ses cours, solidarité et humanité sont au centre. Elle estime qu’elle réussit son travail quand « je vois leur évolution, même dans la façon de s’habiller. Pour respecter les envies de chacune, le spectacle de fin d’année n’est pas obligatoire. Ce doit être un défi personnel, pas une obligation« .

Et quand elles ne veulent pas danser, elles participent autrement. « Personne n’est exclu« , se réjouit Sandra.