C’est dans son atelier de Saint-Christophe que VirJi, artiste plasticienne travaille le verre. Des pièces de différentes tailles et de différentes couleurs, qui, une fois terminées, deviendront des vitraux. Ils sont destinés à l’église d’Aytré et deux d’entre eux ont déjà été installés. Une idée qui vient des élus de la commune et qui ravie l’artiste rochelaise.
C’est un peu comme un puzzle« , explique VirJi. À la différence qu’aucune pièce n’est identique et que chacune est faite à la main. L’artiste utilise des feuilles de verre, qu’elle reçoit entières. Puis, elle les découpe une à une selon les couleurs et les formes, en suivant la maquette imprimée à l’échelle.

Un appel des élus
Ses maquettes, c’est justement ce qui a permis à VirJi d’être choisie pour fabriquer les vitraux de l’église d’Aytré. « C’est un des élus qui a lancé l’idée« , se souvient VirJi.
L’église n’avait alors que deux vitraux, et ce dernier voulait en offrir un nouveau. « Il en a parlé au maire et ils ont eu l’idée de tous les refaire« , poursuit l’artiste plasticienne. Les élus ont contacté plusieurs artistes de la région, dans une volonté de faire appel à des locaux. « Ils voulaient mettre en avant les entreprises de proximité et les compétences d’ici« .
Chaque candidat a présenté des maquettes et ce sont celles de VirJi qui ont été retenues, pour son plus grand bonheur.
Une première pour elle
« C’est un projet super chouette. Je suis reconnaissante de la confiance qu’ils me donnent« , se réjouit-elle. C’est pourtant une première pour elle. « Je ne suis pas vitrailliste de métier« , explique-t-elle. Et, souvent, les projets comme celui-ci reviennent à des professionnels.

Cela lui a apporté du stress au départ, de ne pas savoir si son travail allait plaire. Mais aujourd’hui, elle est rassurée. « On a inauguré les deux premiers le 6 décembre dernier avec le maire d’Aytré. Je suis soulagée car ils ont plu« . Maintenant, elle travaille sur les cinq autres panneaux.
Les visages de ses proches
VirJi se démarque par ses techniques. Elle utilise la peinture grisaille, une peinture toxique qui permet de donner au verre ses couleurs. Mais elle utilise aussi la gravure. « Ce n’est pas très pratiqué mais je sais le faire« , explique VirJi.

Cette technique donne au verre des effets de profondeur. Elle se sert aussi du visages de ses proches ou de gens qu’elle connaît pour représenter les figures de ses vitraux. Ainsi, les saints portent le visage de gens qu’elle connaît, ou des donateurs.

Les panneaux, forme plus pratique à manipuler, sont parfois très imposants. Les deux premiers mis en place mesurent par exemple deux mètres par un.
VirJi a eu besoin de trois mois et demi pour les faire entièrement. Elle pense terminer les cinq autres pour fin mars, début avril. Mais cela va dépendre de la complexité de l’ouvrage. « Plus c’est complexe, plus ça met du temps. Selon la gravure, la peinture« . Et le verre, « ça reste une matière fragile« .
Une fois monté, en revanche, c’est plus solide. Des tiges de plomb viennent assembler les pièces de verre entre elles. Ainsi, VirJi permet à l’église d’Aytré de se refaire une beauté presque éternelle.


